42 rue d'Avron 75020 Paris, France Obras architectes, Marc Bigarnet, Frédéric Bonnet

Europan 7 , Nature

auteur : frédéric bonnet
ouvrage : Europan 7, mai 2004
éditeur : EUROPAN

texte en français

Les mots partout la désignent, les titres mêmes, parfois : nature.
Dans le dessin aussi, la nature s’établit ou s’immisce : les rivages et les pentes, le profil des chênes et la texture des prés, les promenades devinées entre les champs et le patient jardinage, les énergies offertes et les sols pacifiés . Voilà pour les images. Mais de quelle nature parle-t-on ? Elle n’est plus ici opposée à l’urbain. La nature est matière et outil, modèle et support. On devine une nouvelle relation : une naturbanité peut-être, où le construit assume sa place, loin des hypothèses vitalistes, romantiques ou métaphoriques naguère défendues. Cette exploration est ici guidée par les projets d’Europan 7, à la fois corpus de référence et outils. Bien au-delà de simples propositions contextuelles, les principes qu’on y détecte permettent à la fois une lecture nouvelle de ces territoires européens, l’établissement d’un inventaire inédit, et le développement de ce qu’y évoque ce mot nature : le projet comme instrument d’une définition…

Les contours du monde

Terra Incognita

Tout l’effort de ces projets réside dans la résolution d’un paradoxe : certes, nous sommes nature, mais l’acte de construire, l’établissement humain, dans les limites qu’il établit, n’est-il pas une sorte de retrait progressif, dont la complexité du territoire contemporain ne serait qu’un des ultimes avatars ? La démarcation n’est plus dans la ligne mystérieuse des terres inconnues, l’effroi de l’indéterminé. La relation élémentaire est celle d’une odyssée spatiale, Crusoe sur son île étirant dans Explorer7 à Rijeka les incursions pointillées dans la masse vert sombre d’un sauvage insoupçonné.

Les figures du métissage

Toute construction du territoire établit une nouvelle mesure du monde, une géométrie, et désigne le point de commencement, le bord d’une intériorité. Définir l’interface avec l’élément naturel est une des difficultés, dès lors qu’il ne s’agit plus d’une franche opposition mais d’un métissage. Les figures de cette hybridation progressive, où la nature est partout liée au bâti, sont récurrentes dans les projets : les « coutures » (sewings) de Maribor ne seraient qu’une scarification esquissée si les réalisations en cours, comme le projet Europan 6 à Jyväskylä, ne montraient pas très concrètement l’attente de ces nouveaux tissus. Le fond n’est plus désormais constitué par la trame technique des voies et des parcelles, mais un vibrant entrelacement entre bâti et sol. Space Green à Rijeka, Syntax Valley à Oslo reprennent ces figures striées, où la desserte des logements est si imbriquée avec le sol public qu’on l’imagine comme un prolongement évident de l’habitat. Luarca del Rio, ou l’arithmétique 1+2+3(paralelos)=4 à Burgos proposent deux géométries analogues : l’écheveau devient tresse à Luarca, l’éventail développe à Burgos un kaléidoscope d’entre-deux savants. Mais les limites du domestique sont-elles ici simplement repoussées, posant, un peu plus loin, un problème de géométrie plus traditionnel, ou bien y a-t-il dissolution définitive de cette lisière ? Ces constructions ne suivent pas toutes les stries échevelées: à Engelo, les éléments épars sur fond naturel de celestial green, comme une constellation d’édifices, se revendiquent comme une alternative à la trame Vinex. Le monde commence un peu plus loin, au bord d’une parcelle plus vaste, qui est déjà tout un quartier.

Le bord et le flou

S’affranchir de la limite devient un enjeu de projet: la géométrie n’est plus seulement l’établissement des débuts et des fins, elle est l’expression des possibles. Ce jeu prend en compte une variabilité programmatique et la dimension temporelle des processus urbains, mais aussi –et surtout ?- constitue une réponse pour tenter de localiser la nature sans l’opposer radicalement au construit. La première figure est celle d’une matrice brouillée, d’une expérience interférente. À La Unión, le « tissu du bonheur » (tejido de la felicidad) en est l’un des dessins possibles. La seconde figure est celle d’une articulation quantique, exprimant comme une oscillation les marges probables du construit : le concept de bords flous n’a peut-être jamais été mieux exprimé que dans la placide ordonnance de Virus, à Izola. Enfin, lorsque tout bord et tout lien sont un élément de nature –parc, allée, jardin, serre, treille, etc.- comme dans Parklife* à Salzburg, l’effet de limite disparaît. Un vaste rhizome végétal établit une continuité spatiale et dissout radicalement les oppositions entre naturel et construit. Rêve d’un vert presque totalitaire, d’ailleurs ironiquement bien restitué, où l’extérieur devient le corps principal de l’habitat.

Les usages du temps

À ces tentavives de donnerlieu à la nature, d’établir un équilibre entrelaçant naturel et construit, correspond l’introduction des diverses durées qu’elles met en jeu : la longue durée, presque géologique; les temps du devenir et les modèles de la variation ; l’aléa naturel.

L’usage du présent

La présence immanente de la géographie peut être fondatrice : les traits du grand paysage se reflètent sur les contours architecturaux, l’échelle territoriale des vallées et des rives se mèle à celle des jardins, qui recèlent ainsi dans l’espace domestique le fragment d’un univers plus large. Cet enracinement peut-être climatique : les instructions pour élever une nouvelle cité de lumière et d’ombre, à Tromsø, rapellent que le lien à nature assume d’abord le cycle des saisons, la course du soleil, l’appartenance planétaire. On verra dans cette rhétorique de la conquête, référente aux traités de l’arraisonnement par l’homme classique des territoires découverts, l’humour né d’une acculturation européenne bien accomplie. Plus éloigné de ces accents épiques, wohnen zwischen zwei parks de Halle ancre chacun des lieux naturel, du plus petit au plus vaste, dans la géographie particulière de ce bord d’urbain. On habite dans ce projet au bord de la campagne comme au bord de la mer, l’air du grand large forestier pénétrant dans les pores les plus domestiques – à Montijo, la mer elle-même jouera ce rôle, magnifiée par des baies titanesques. De même, les logements d’Ottiginies partagent un fragment d’un vaste réseau vert : ils s’installent aujourd’hui, comme depuis toujours, dans l’empreinte physique des rivières et des coteaux.

Les figures de l’indéterminé

L’architecture a longtemps été l’art de la stabilité : le seuil séparait avec clarté le dedans du dehors, les modénatures retranchaient du chaos l’ordre des choses bien disposées. La nature apporte ici non pas la forme d’une pseudo-vitalité, d’une organicité feinte –les bâtiments poussent-ils vraiment ?-, mais la gestion possible des variations, de l’indéterminé, d’un espace cinétique, construit mais chaque jour dissemblable. La forêt habitée de Guadalajara éparpille ses activités dans une texture active dont les modifications sont aussi bien assurées par la variation des usages –les intensités urbaines ne sont pas réparties de manière égale dans la durée- que par les mues successives des fleurs, des feuilles et des vivaces. Même si le caractère résolument minéral de playscape à Drancy semble distinguer l’asphlate engravée des vibrantes frondaisons castillanes, le projet utilise un modèle similaire : l’indétermination des usages est bien accueillie sur cette surface offerte, où tout demeure possible : au cycle des saisons se superpose le cycle des actions, et le sol devient matrice de surprises urbaines. A Senftenberg, l’indétermination du devenir même fonde la stratégie d’attente de zweiter Frühling. Dans cette ville marquée par le déclin récent de l’exploitation minière, la renaissance que suggère le motto semble inéluctable, mais sans que ces formes en soient pré-établies. Une occupation provisoire du terrain, un jardinage de l’attente serait une réconciliation transitoire avec le plaisir du lieu : le désir de nature initie ici la mutation en potentiel du trauma postindustriel.

La mesure des aléas

La rhétorique des catastrophes muées en risques naturels occulte la permanence et la régularité de phénomènes qui - certes amplifiés par l’urbanisation - n’en restent pas moins la manifestation de l’essence même de la nature : titanesque, imprévisible, hors des échelles et des durées que nous maîtrisons. L’inocuité de certains de ces évènements pousse au sublime. La démesure des déserts, la magnificence des aurores boréales ou encore les mirages marins de Fata Mornaga à Tromsø inspirent le plan comme le tumulte des vagues un roman de Melville. Lorsque ces phénomènes opposent à l’homme la violence de leurs conséquences, on dépasse la simple métaphore. Les tracés s’infléchissent, se plient à la logique implaquable de la crue. A San Sole, une hybridation de deux univers (interfacing Nature systems and Urban system) permet en quelque sorte d’habiter l’alea : le passage de l’eau est accepté, la nature est ici aménagée, mais les activités urbaines édifiées sur les deux bords du vallon intègrent cet élément naturel comme le corps principal du projet. La topographie est la raison d’être de la fragmentation du plan, les glacis et les ravins en sont le calque saccadé. A Prague, autonomous village s’installe dans le méandre du fleuve sur une des îles suggérées par les crues : cet archipel est clairement revendiqué comme un processus d’organisation, un modèle de croissance inspiré du phénomène naturel, et non comme une simple protection. La nature redevenue guide des tracés inspire ici la maîtrise du temps.

L’équilibre suspendu

L’équilibre entre des dynamiques naturelles qui nous échappent et les conditions d’habitat optimales n’est obtenu que par un travail de transformation et de maintien. Cette énergie dépensée mérite plus que jamais mesure. Le degré de cet engagement exprime plus ou moins de ménagement .

L’univers effleuré

C’est sans doute parce que le site de marécages et de plages le suggérait que second nature réussit à Parnu le pari du survol et de l’inocuité. Une nature construite, dont l’artifice est pleinement assumé, tisse au dessus de l’autre nature, primaire et sauvage, un monde de jetées habitées. Les pontons ne sont pas ici une surprise, assurant la marche au dessus du sable du rivage et des lagunes subdunaires. Le paradoxe rêveur qui sous tend le projet est sans doute plus passionant que sa trame : entre la reconnaissance savante de la fragilité de l’angélique ou de l’orchidée et la colonisation revendiquée se glisse une ambiguïté aussi ténue que le mètre qui nous sépare du sol. Bien plus encore que le plus topiaire des jardins, la sauvagerie maintenue d’une terre conquise n’est-elle pas l’ultime stade de l’artifice, où la science botanique rejoint la philosophie du ménagement, une morale absolue pour l’homme empreint d’un désir de nature. Un homme savant et juste, comme dans les contes.

Rêves agraires

Souvent mâtinée d’écologie raisonnée, l’agriculture constitue l’autre réponse, extrême : les respirations urbaines, nécessairement immenses, sont maintenues par les récoltes et les fenaisons. On habite au bord du champ comme on le ferait face au rivage. Le vide ainsi offert n’a plus la soyeuse texture des gazons des crescents gallois : dans Brutus, les moissoneuses sillonnent les blés au cœur de Budapest. Le House sharing s’ouvre à Tubize sur un vaste champ partagé. Ces rêves de prairies extensives, de vergers ombrageant tapis de fleurs et d’horizons de céréales ondoyantes demeurent une vision paysagère, comme de « riches heures » contemporaines. Les reculs démesurés de Capability Brown constituaient au dix-huitième siècle à la fois l’étendue fondatrice et la véritable richesse d’un site. Aujourd’hui les cultures ne trouvent une place convaincante dans l’archipel suburbain que lorsque leur activité est intégrée comme le sont habitat ou industrie, et non comme résidus ou réserves. On doit pour cela leur assurer une valeur économique comparable aux autres tentations foncières, face auxquelles ne suffiront pas de simples vergers et paturages.

Une seconde piste explore le paysage fragmenté de cultures plus intensives. Le patchwork des jardins restitue une forme d’étendue, à la manière d’anastrophes végétales, entre Eckbolsheim et Wolfisheim, ourlant la route neuve d’une frise potagère. Premier plan, à Grigny accueille dans ses parcelles libres un maraîchage d’appropriations diverses, extensibles à l’infini : c’est bien plus ici le modèle du labyrinthe sans cesse modifié qui intéresse que le jardinage lui-même. La mise à distance rêvée alors, après-guerre et dans le sillage des CIAM, a beaucoup en commun avec nos rêves d’horizons. Ces stratégies de remembrement permanent et ouvert lèvent l’ambiguïté sur le sol à peine marqué des origines, et rappellent que l’étendue, pas plus aujourd’hui qu’hier, ne survit sans valeur d’usage.

L’ingénieur civil ou le ménagement

Les recommandation de Dezallier d’Argenville ou les prescriptions de Ibn Al-'Awwâm, à bien des siècles de distance, ne sont pas si étrangères aux principes d’un aménagement équilibré de l’espace naturel : économie de moyens, dispositifs conformes aux logiques de la nature physis. Cet art de régler tout en préservant suppose une compréhension rationnelle de la nature, la maîtrise des savoirs de la science. Sous l’action d’un ingénieur civil de videogames, le projet Lauréat de Luorca transforme la vallée avec une énergie que n’aurait pas reniée Daniel Defoe. Des futaies sont implantées pour abriter la plaine alluviale, qui devient une île pacifiée ; la toile chamarrée des parcelles forme de nouvelles centuries, drainées ou irriguées, parsemées de jungles subaquatiques. Des hypothèses de botaniste chevronné suscitent une réaction du milieu telle une grenouille électrisée, y stimulent des pollénisations monstrueuses, y organisent la lutte de l’algue tropicale et du frêne indigène. Cette « installation » du territoire est source de richesse renouvelée, revendiquée comme une ré-initialisation des données existantes. Un même volontarisme fait d’un étang industriel un havre nautique à Senftenberg : la démesure apparente du geste trouverait mieux sa raison dans un acte d’épuration nécessaire des sols ou de déblais compensés, selon la logique confirmée qui a pu établir jadis à Fontainebleau la magnificence d’un bassin sur les traces de saumâtres marécages.

La fascination du geste de l’ingénieur vient aussi, souvenons-nous, que les arraisonnements passés, pour fous qu’ils furent, sont aujourd’hui patrimoine universel, d’Ispahan aux polders de Hollande, de Versailles à Washington.

Cette vision rationnelle se nourrit aujourd’hui de géométries fractales moins ostensibles. La réhabilitation  du vallon dégradé de Bagheria, a pie nudi nel parco, procède d’une intelligence inédite avec les constituants physiques du lieu. Les plis et les failles sont utilisés au mieux, caressées élément par élément avec les pieds comme par la raison, jusqu’à ce que la somme des réorientations ponctuelles établissent une nouvelle texture.

Du dehors à l’Autre

Entre l’extériorité née des contours architecturaux et le désir d’altérité réside la distance qui sépare les préoccupations environnementales des objectifs du développement durable. Dans sa localisation comme dans ses temporalités, la nature est souvent interrogée d’un point de vue ontologique ou métaphysique. Mais il ne s’agit pas de définir le rapport d’un sujet et d’une nature transcendante, mais d’un je et d’un nous auquel la nature résiste avec plus ou moins de succès. Quel projet partagé pour cette pluralité mouvante, croissante et parfois périlleuse ?

De la mesure du monde à la mesure de l’homme

La mixité fondatrice de  _readymix (Halle) ou de Gewerbestadt-Gartenstadt (Neu-Ulm) esquisse une nouvelle figure du métissage : elle associe l’entrelacement des lieux construits et naturels avec celui des usages et des formes d’habiter, selon une matrice combinatoire. Dans ces univers à géométrie et à programmation variables, le rapport à l’autre est mesuré à l’aune du rapport au dehors, et un ailleurs est toujours le support d’une altérité (à Neu-Ulm, la délinéation arborée de cette cité jardin du troisième type sera interprétée comme la déclaration d’une utopie et non comme le péril d’une gate community, qui est le spectre nuançant ici la générosité et le courage). Avec le même souci de mixité, Suburban frames rafraîchit toutes les types urbains selon le dosage particulier de nature : les jardins du palais Royal, l’îlot de boulevard, la villa dans le parc prennent un nouveau visage et se répartissent selon une maille régulière. Pour élémentaire qu’elle soit, cette structure bouleverse avec simplicité mais radicalité la trame urbaine comme forme et processus: la position et la quantité de l’élément naturel en altère la régularité. Le paysage est ainsi infiniment varié, comme le plan accepte sans cilier les usages les plus compacts ou distendus.

Est-ce un hasard si ces détours par l’histoire initient avec tant de clarté les liens entre les pluralités conscientes et la nature ?

Ainsi à Split, privacity concilie manifestement l’ordre naturel d’un nouveau parc avec la structure historique qui lui est perpendiculaire. Les activités nouvelles qui s’y implantent dans des tours forment le futur étalon du territoire, et croisent l’ordre immuable des collines et de la baie. Sur l’île vaste face à Riga, le Lauréat de Kipsala tire parti d’une autre manière de la même dynamique entre l’établissement existant –d’anciennes maisons dans un jardin- et du potentiel qu’offre la rive du fleuve. À partir de la communauté existante se développe un univers palafitte ouvert sur le bras du fleuve : son installation progressive cimente l’île désolée et la rive réinvestie.

La nature en partage

Comme pour cette parcelle de fleuve, l’espace communautaire, le lieu d’une identité partagée est un espace naturel. Sienne fut encore pour les périphéries distendues le modèle de cette urbanité, le lieu par excellence de l’être ensemble, jusqu’à ses avatars de villes nouvelles mais incongrues. Les lieux même de la méditerranée (Bagheria, Guadalajara, San Sole) trouvent aujourd’hui l’image de leur respiration dans les prairies communes du Nord. Aux piazze toscanes se substituent les frondaisons urbaines de Tapiola : la piazza del Campo fait place aux champs. Cette nature offerte en partage s’installe parfois au centre, au bien s’immisce tout autour.

Pour Grünraumregal à Augsburg et Espoo Loop tout près de Tapiola, c’est d’un centre dont il s’agit. La prairie est le pivot du quartier. Bien plus que point focal ou lieu d’un rassemblement, elle rend possible par la respiration insufflée sur ses marges, toutes les permutations possibles : le vide est ici la condition de l’indétermination des bords.

Landshape (with figure) à Vila do Conde ou Celestial Green à Engelo proposent la même dynamique, mais par une nature interstitielle. Le rhizome végétal enserre les éléments bâti : sa structure préserve leur autonomie et gomme les mailles des dessertes comme dans le chassé-croisé de Koolhaas à Breda et Almere.

Ailleurs et demain, un désastre évité ?

La nature civique apparaît désormais espace public par excellence. Espace public singulier  -repère familier et identitaire- et universel –c’est à dire partagé bien au delà des références communautaires. Pour cela l’ici contient toujours un ailleurs : ce pré-ci et toutes les prairies, cette ombre là et tous les contrastes que l’on y reconnaît. A cet ailleurs s’ajoute un demain de promesses d’équilibres retrouvés. Le véritable désastre n’est plus d’oublier l’urgence de ces équilibre, mais d’omettre d’y apporter le contenu politique sans lequel ils perdent sens. La nature politique de l’oasis de Valence -sens-dessus-dessous- a encore la générosité de frondaisons communes, d’une sensualité offerte. Mais ne deviendrait-elle pas, en dérogeant à peine à ses piranésiennes perspectives, un enclos chic pour bourgeois bohêmes ? Le savant snowscape de Tromsø ne peut-il pas aussi être compris comme un toilettage du prototype périurbain pavillonnaire, un enfouissement où la nature immaculée est d’abord le capotage magnifiée d’un véritable désastre social. L’apologie du développement durable mérite ainsi prudence, la « nature » n’est pas une garantie: le projet qui en expose le mieux les objectifs, à Neapoli-Larissa –the forest…- convainq bien évidemment. Il réussit l’épreuve du métissage, installant en méditerranée la fraîche perspective d’un sous-bois que n’auraient pas renié Mies ou Kahn en Pennsylvanie. Mais qui, au juste, est assis dans le fauteuil ?

Augsburg, D / Winner / Kyrein-Thiersch-Hadrys

« grünraumregal Augsburg » -

Augsburg, D / Winner / Kyrein-Thiersch-Hadrys

Barcelona-San Sole, E / W / Hopff-Gili Fort-Moragues Gregori-Meyer

« Interfacing Nature System and Urban System »

Barcelona-San Sole, E / W / Hopff-Gili Fort-Moragues Gregori-Meyer

Guadalajara, E / RU / Fidalgo-Temprano-Monjas

« The inhabited Forest »

Guadalajara, E / RU / Fidalgo-Temprano-Monjas

Halle, D / Winner / Klein

« Wohnen zwischen zwei Parks »

Halle, D / Winner / Klein

Neu-Ulm, D / Winner / Frieger Florian – « Suburban frames »

Neu-Ulm, D / Winner / Frieger Florian – ou bien Neu-Ulm, D / Winner / Frieger Florian –

Budapest, H / RU / Giacomo Suma

« Brutus »

Budapest, H / RU / Giacomo Suma


Senftenberg, D / W / Hoyer-Just-Ille-Trappe-Ziegenbein

« Zweiter Frühling » le second printemps

Senftenberg, D / W / Hoyer-Just-Ille-Trappe-Ziegenbein

Parnu, Es / W / Bogdan-Shannon-Llach-Parra Colacios-Vescina

« second nature »

Parnu, Es / W / Bogdan-Shannon-Llach-Parra Colacios-Vescina

Neapoli-Larissa, Gr / RU / Karamastasi-Fuchs

« The forest, the hair dresser, his mother and a roof »

Neapoli-Larissa, Gr / RU / Karamastasi-Fuchs


La Unión , E / W / Galvez Perez – Wieczorek

« tejido de la felicidad »

La Uniσn , E / W / Galvez Perez – Wieczorek

Rijeka, Croatie / RU / Rappenecker-Lenshow

« Space Green »

Rijeka, Croatie / RU / Rappenecker-Lenshow

Rijeka, Croatie / RU / Pfefferle – Leitgeb

« explorer 7 »

Rijeka, Croatie / RU / Pfefferle – Leitgeb


Izola, Sl / RU / Garcia Fernandez – Patrono –
Gonzalez Martinez – Sainz Pardo – Chaves Gentil

« Virus »

Izola, Sl / RU / Garcia Fernandez – Patrono –  Gonzalez Martinez – Sainz Pardo – Chaves Gentil ou plutôt 
:
Izola, Sl / RU / Garcia Fernandez – Patrono –  Gonzalez Martinez – Sainz Pardo – Chaves Gentil

Espoo, SF / W / Rodan – Juul – Jensen – Matzen – Schibsbye – Nielsen – Vestergaard – Hansen

« Espoo Loop »

Espoo, SF / W / Rodan – Juul – Jensen – Matzen – Schibsbye – Nielsen – Vestergaard – Hansen

Riga 2 , Lv / W / Viking – Jovanovic – Nylen – Orvesten – Kling – Englund

« urban phases of dynamics »

Riga 2 , Lv / W / Viking – Jovanovic – Nylen – Orvesten – Kling – Englund

Tromsø, N / RU / Jackowski – Brunfaut – Langner – Rudolph – Thoss

« snowscape »

Tromsψ, N / RU / Jackowski – Brunfaut – Langner – Rudolph – Thoss 

Vila do Conde, P / RU / Henriques Ferreira – Riso

« Landshape (with figure ) »

Vila do Conde, P / RU / Henriques Ferreira – Riso

Salzburg, A / W / Touzimski – Herold

« parklife »

Salzburg, A / W / Touzimski – Herold


Drancy, F / W / Ciuffini – La Torre – Iacovoni – Di Tardo – Valentino – Renzi – Careri

« Playscape »

Drancy, F / W / Ciuffini – La Torre – Iacovoni – Di Tardo – Valentino – Renzi – Careri

Grigny, F / RU / Vazzoleretto – Saille

« premier Plan »

Grigny, F / RU / Vazzoleretto – Saille

Valence, F / W / Tardio – Djuric

« sens dessus dessous »

Valence, F / W / Tardio – Djuric

 
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